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Qu’est-ce qu’on mange?

pain_de_miePar Mélanie Demers, inf. B.Sc.

Est-ce qu’il vous arrive de lire les étiquettes des aliments que vous achetez? Benzoate de sodium, lécithine de soya, glutamate monosodique… De quoi s’agit-il? Les ingrédients qui composent les aliments que nous achetons portent parfois des noms imprononçables. Est-ce que vous vous êtes déjà questionné à ce sujet? Je vous expliquerai donc les principales catégories d’additifs alimentaires et pourquoi vous devriez y porter attention.

1. Les colorants

Un colorant alimentaire est une teinture, un pigment ou une substance qui transmet une couleur lorsqu’il est ajouté à un aliment. En fait, les colorants alimentaires sont utilisés pour camoufler la perte de couleur d’un aliment, pour supprimer les variations naturelles de couleur ou pour rendre un aliment moins coloré plus appétissant et plus attirant. Bref, ils ne servent à rien d’autre qu’à un aspect esthétique. Pour ceux qui l’ignorent, les colorants synthétiques sont principalement dérivés du pétrole. Certains d’entre eux ont été associés à l’hyperactivité chez les enfants, à certains types de cancer et à des réactions allergiques. Ils sont généralement identifiés par le mot “colorant” dans la liste des ingrédients.

2. Les agents de conservation

Les agents de conservation sont utilisés pour contrer le développement de micro-organismes ou ralentir l’oxydation des aliments. Ainsi, la raison principale de leur utilisation consiste à prolonger le temps qu’ils peuvent passer sur les tablettes des supermarchés sans perdre leur aspect initial ou sans nous empoisonner. Ils sont associés à des allergies, certains cancers, des maux de tête, des problèmes respiratoires, etc. Dans la liste des ingrédients, on les identifie pas les expressions difficiles à prononcer : BHA, BHT, benzoates, sulphites, etc.

3. Les émulsifiants

Les émulsifiants permettent de stabiliser les préparations en leur apportant le goût et la texture désirés. Ils sont associés à des problèmes digestifs, à des mauvaises assimilations de minéraux, allergies et bien d’autres. Des exemples qu’on retrouve dans la liste des ingrédients : polysorbate, lécithine, diphosphate…

4. Les releveurs de goût

Les releveurs de goût ne modifie pas le goût de l’aliment, mais augmente l’intensité de sa perception. Un des principaux releveurs de goût est le glutamate monosodique, présent dans de nombreux aliments transformés et représenté par plusieurs noms différents. De plus, il agit au niveau du cerveau en inhibant la sensation de satiété, ce qui peut amener un gain de poids important. De plus, sa consommation régulière peut amener la dépression, des dommages aux yeux, de la fatigue et des maux de tête.

5. Le sucre et les édulcorants

Le sucre, principalement le sirop de maïs à haute teneur en glucose-fructose, se retrouve en abondance dans les aliments transformés. Celui-ci est d’ailleurs associé avec l’augmentation du mauvais cholestérol en plus de contribuer au développement de l’obésité et du diabète. Pour contrer ces désavantages du sucre, l’industrie a développé les produits allégés. Ces derniers sont sucrés avec des édulcorants comme l’aspartame, la saccharine et le sucralose. Cependant, ils ne sont pas sans effets, particulièrement l’aspartame qui est toxique pour le cerveau, cancérigène et qui amène une grande variété de maladie dont l’obésité et le diabète (exactement comme le sucre!) et plusieurs autres.

Évidemment il existe plusieurs autres additifs alimentaires, mais il serait trop long de tous les énumérer. Mais, laissez-moi tout de même vous faire prendre conscience de l’importance des additifs.

Quels sont les ingrédients de base du pain ? Farine, levure, eau, un peu de sucre et parfois, du lait, un corps gras. Voici la liste des ingrédients d’un pain acheté à l’épicerie. Ne trouvez-vous pas qu’elle est beaucoup plus longue que le pain fait maison?

Pain maison                                                                                                         Pain acheté

– Farine                                                                                             – Farine de blé
– Eau                                                                                                  – Eau
– Levure                                                                                            – Sucre / glucose-fructose
– Sucre                                                                                               – Huile de canola
– Lait                                                                                                  – Levure
– Sel                                                                                                    – Vinaigre
.                                                                                                           – Stéaroyl-2-lactylate de sodium
                                                                                                            – Propionate de calcium
                                                                                                            – Monoglycérides
                                                                                                            – Phosphate monocalcique
                                                                                                            – Carbonate de calcium
                                                                                                            – Esters tartriques de mono- et diglycérides acétylés

Les ingrédients inscrits en gras et italiques représentent les additifs alimentaires qui ont été ajoutés au pain. Remarquez qu’il y a autant d’additifs dans la liste que d’ingrédients de base.

En conclusion, je vous ai cité 5 additifs alimentaires présents dans les aliments transformés : les colorants alimentaires, les agents de conservation, les émulsifiants, les releveurs de goût de même que le sucre et les édulcorants. J’espère que, dorénavant, vous prendrez le temps de lire les étiquettes afin de bien comprendre ce que vous mangez réellement. Je vous laisse sur une citation de Andy Warhol : « On dit que le temps change les choses, mais, en fait, le temps ne fait que passer et nous devons changer les choses nous-mêmes. »

Références :

Ducas, I. (2010). Halte à l’artificiel!, Protégez-vous, http://www.protegez-vous.ca/sante-et-alimentation/faut-il-avoir-peur-des-colorants-artificiels/halte-a-lartificiel.html [En ligne], page consultée le 23 mai 2015.

Gouget, C. (2008). Danger additifs alimentaires: Le guide indispensable pour ne plus vous empoisonner, Paris, Éditions du Chariot d’Or, 155 pages.

International Food Information Council Foundation (2014). Questions & Answers: Do Food colors cause Hyperactivity?, http://www.foodinsight.org/Content/3843/FC_ADHD_QA_3-11.pdf [En ligne], page consultée le 23 mai 2015.

Pourquoi se préoccuper de l’alimentation? – Partie 2

Mélanie Demers, inf. B.Sc.

Nous avons vu que les résidus de pesticides, la présence d’organismes génétiquement modifiés (OGM) et l’utilisation des antibiotiques dans l’alimentation pouvaient avoir des effets néfastes pour la santé. De quoi faut-il encore se préoccuper?

Les additifs alimentaires

1. Les colorants synthétiques

Un colorant est une teinture, un pigment ou une substance qui, lorsqu’elle est ajoutée à un aliment, un médicament, un cosmétique ou sur le corps humain est capable de lui conférer une couleur. On les utilise pour compenser la perte de couleur due à l’exposition à la lumière, à l’air, à l’humidité et aux variations de température. Ils servent aussi à renforcer les couleurs naturelles et à ajouter de la couleur à des aliments qui, dans le cas contraire, n’auraient pas de couleur ou une couleur différente. Le problème concerne principalement les colorants synthétiques, dérivés du pétrole pour la plupart. En effet, ils sont peu coûteux, leur coloration est intense et uniforme et il en existe une grande variété de nuances. Les colorants synthétiques sont omniprésents dans les aliments : yogourt, céréales, boissons aux fruits, compotes, bonbons, confitures, vinaigrettes, margarine, etc.

Au cours des 30 dernières années, de nombreuses études ont conclu que des petites doses de colorants synthétiques ajoutés aux aliments pouvaient provoquer l’hyperactivité et d’autres problèmes de comportements chez les enfants. D’autres problèmes leur ont aussi été associés : problèmes cognitifs, agressivité, asthme, irritabilité, problèmes de sommeil…Bref, de bonnes raisons pour les prendre au sérieux.

2. Le glutamate monosodique

Le glutamate monosodique (GMS) est un exhausteur de goût, c’est-à-dire qu’il a pour but d’exciter les papilles gustatives des gens qui en consomment et de leur donner l’envie de manger encore plus de l’aliment qui en contient. On le retrouve dans les croustilles, biscuits, assaisonnements, soupes en conserve, repas préparés, etc. En fait, il fait partie intégrante de la plupart des aliments transformés. Le GMS a été associé à l’obésité, la dépression, la désorientation, des dommages aux yeux, la fatigue et des maux de tête. Le problème : sa présence s’avère très difficile à détecter étant donné qu’il se cache sous différents noms dans la liste des ingrédients.

3. Les agents de conservation

Les agents de conservation sont des additifs alimentaires utilisés pour le contrôle des micro-organismes ou pour ralentir l’oxydation des aliments. Ils sont nombreux et on les retrouve pratiquement dans tous les aliments transformés. Leurs noms s’avèrent souvent difficiles à prononcer et leurs effets sont variés : problèmes neurologiques et respiratoires, cancers, allergies, troubles digestifs et bien d’autres.

4. Éviter les additifs alimentaires

Étant donné que les additifs alimentaires sont présents presque partout dans notre alimentation, les façons de les éviter s’avèrent peu nombreuses :

  • Évitez les aliments transformés.
  • Cuisinez à partir d’aliments frais.
  • Lisez les étiquettes attentivement.
  • Si vous ne reconnaissez pas un ingrédient, votre corps ne le reconnaîtra pas non plus.
  • Jardinez avec les enfants, ils apprendront à apprécier le goût naturel des aliments.

Le sucre et autres édulcorants

Le sucre ajouté est défini comme n’importe quel édulcorant calorique contenant une molécule de fructose et qui est ajouté pendant la préparation des aliments. Le sucre raffiné, quant à lui, est complètement dépourvu des minéraux naturellement présents dans la canne à sucre ou la betterave sucrière.

1. Le sirop de glucose-fructose

Un des sucres largement utilisés est le sirop de glucose à haute teneur en fructose ou sirop de maïs. Son utilisation est très répandue étant donné son faible coût et ne crée pas de sentiment de satiété, ce qui permet d’en consommer sans jamais avoir la nausée comme c’est le cas avec le sucre brut comme le miel ou le sirop d’érable. Le sirop de maïs a des effets pervers sur la santé : hypertension, résistance à l’insuline, diabète, obésité, dépendance… Le sucre constitue aussi un important facteur de croissance pour les cellules cancéreuses en plus d’être associé au déclin cognitif.

2. L’aspartame

L’aspartame est un édulcorant synthétique hypocalorique, c’est-à-dire qu’il donne un goût sucré aux aliments sans les calories. On le retrouve dans les boissons gazeuses, la gomme à mâcher, les céréales, les desserts… et surtout dans les produits dits diètes ou zéro calories. Lorsqu’il est métabolisé par le corps, il libère du méthanol qui se transforme en formaldéhyde, une molécule très toxique et cancérigène. Or, les études ont démontré que cette quantité est infime et n’est pas toxique. Cependant, cela demeure une substance toxique qui entre dans notre corps. L’aspartame affecte la mémoire à court terme, peut amener le diabète, la maladie de Parkinson et d’Alzheimer, la fibromyalgie, la fatigue chronique, des maux de tête, des vertiges, etc. Bref, sa consommation n’apporte aucun bienfait.

3. Réduire les aliments sucrés

Le sucre étant omniprésent dans l’alimentation, il s’avère judicieux de choisir son origine.

  • Lisez les étiquettes. Les mots se terminant par –ose (glucose, fructose, sucrose…), sirop de maïs, sucre sont tous des synonymes de sucre.
  • Remplacez les boissons gazeuses et les jus de fruits par de l’eau ou des jus de légumes fraîchement pressés. Ajouter un peu de citron à l’eau pour lui donner une saveur.
  • Ajoutez des fruits à des céréales de grains entiers naturelles et sans sucre.
  • Remplacez les pâtisseries achetées à l’épicerie par des desserts que vous aurez cuisinés vous-mêmes, avec du sucre brut comme le miel ou le sirop d’érable.
  • Récompensez les enfants autrement qu’avec des friandises.
  • Évitez les aliments et boissons « légers », « diètes » ou « zéro calories » qui contiennent souvent de l’aspartame.
  • Cuisinez à partir d’aliments frais et évitez les aliments transformés.

Références :

Bosch, Laurentine, Top 10 food additives to avoid, http://foodmatters.tv/articles-1/top-10-food-additives-to-avoid [En ligne], page consultée le 8 octobre 2013.

Dionne, J-Y (2011). Prudence avec l’aspartame!, http://www.jydionne.com/prudence-avec-l%E2%80%99aspartame/ [En ligne], page consultée le 5 mai 2014.

Gouget, Corinne (2008). Danger additifs alimentaires : Le guide indispensable pour ne plus vous empoisonner, Éditions Chariot d’Or, Paris, 150 pages.

Gouvernement du Canada (2012). Autorisation de mise en marché d’additifs alimentaires comme agents de conservation, http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/reglements/DORS-2012-212/page-1.html#h-1[En ligne], page consultée le 5 mai 2014.

Institute for agriculture and trade policy (IATP), (2009). Smart Guide to food dyes: Buying foods that can help learning, http://www.iatp.org/documents/smart-guide-to-food-dyes-buying-foods-that-can-help-learning [En ligne], page consultée le 15 septembre 2013.

International Food Information Council (IFIC) Foundation et US Food and Drup Administration (FDA), (2010). Food ingredients & colors http://www.fda.gov/Food/IngredientsPackagingLabeling/FoodAdditivesIngredients/ucm094211.htm [En ligne], page consultée le 15 septembre 2013.

Lustig, Robert H. et al. (2012). The toxic truth about sugar, Nature, Vol. 482, 27-29.

Des boissons gazeuses cancérigènes ou carrément toxiques?

Par Mélanie Demers, inf. B.Sc.

Vos enfants consomment-ils des boissons gazeuses? Savez-vous vraiment ce qu’elles contiennent? Voici une revue de quelques ingrédients les composant.

Sirop de glucose-fructose

Le sirop de glucose-fructose ou sirop de maïs constitue généralement un des principaux ingrédients dans les boissons gazeuses. Le problème avec ce type de sucre est qu’il fait monter la glycémie en flèche créant ainsi une sécrétion abondante d’insuline. Deux heures plus tard, cela provoque une sensation de faim avec une attirance pour les aliments sucrés et le cycle continue, contribuant ainsi à créer une dépendance.

Aspartame

L’aspartame est généralement dans les boissons dites « diètes » ou « zéro calories ». Il s’agit d’un succédané de sucre dont l’usage s’est généralisé dans les années 90 et ce, particulièrement chez les diabétiques. Son avantage est qu’il ne fait pas augmenter la glycémie. Il s’agit aussi d’une excitotoxine, c’est-à-dire que son métabolisme entraîne l’augmentation du taux d’aspartate au cerveau. Cette substance n’est pas toxique, mais peut provoquer une sur-stimulation susceptible de provoquer des effets indésirables comme des maux de tête, des convulsions, des étourdissements, troubles du rythme cardiaque… Sans compter le risque de cancer énoncé par certains chercheurs.

Colorant caramel

Le colorant caramel est ajouté à plusieurs boissons gazeuses, leur donnant une couleur ambrée supposée les rendre plus appétissantes. Cependant, ce colorant artificiel, un de ceux les plus utilisés au monde, contient souvent une substance cancérigène (qui cause le cancer) appelée 4-methylimidazole (4-Mel). En fait, cette dernière est considérée comme étant possiblement cancérigène chez l’humain. L’état de la Californie a d’ailleurs légiféré quant à la quantité maximale de 4-Mel pouvant être consommée sans que le produit en contenant le mentionne et cette quantité est de 29 microgrammes par jour. Or, Consumer Reports a réalisé une étude, dont les résultats ont été publiés en janvier 2014, qui a démontré la présence de plus de 29 microgrammes de 4-Mel par canette ou bouteille de boisson gazeuse telle Pepsi One et Malta Goya alors que celles de Coke, Coke diète et Coke zéro en contenaient moins de 5 microgrammes par canette. Cependant, selon les experts de Consumers Report, une canette de boisson gazeuse ne devrait pas en contenir plus de 3 microgrammes.

Huile végétale bromée

L’huile végétale bromée est utilisée comme émulsifiant dans les boissons citronnées. Cependant, cette substance a été inventée par l’industrie pour être utilisée comme apprêt ignifuge. Ainsi, vous retrouvez peut-être cette substance dans votre boisson gazeuse ET dans votre fauteuil préféré! D’ailleurs, sa présence est bannie dans les aliments et boissons, tant en Europe qu’au Japon, mais sa présence est toujours tolérée au Canada. L’huile végétale bromée s’accumule dans les tissus humains tout comme les autres produits bromés utilisés comme ignifugeants. La consommation de grandes quantités d’huile végétale bromée a été associée à des lésions au niveau de la peau, des pertes de mémoire, des problèmes nerveux, une perte de coordination musculaire, des maux de tête et de la fatigue.

La solution?

Les boissons gazeuses ne sont pas des aliments essentiels à la consommation même si elles s’avèrent très peu dispendieuses.. Cependant, elles peuvent facilement être remplacées par d’autres breuvages de meilleure qualité et moins dommageables pour la santé et cela à un coût encore plus faible. La solution la moins dispendieuse : l’EAU. Buvez de l’eau, c’est ce qui est le meilleur pour votre santé et celle de vos enfants.

Références :

Cicolella André et Dorothée Benoit Browaeys (2005). Alertes santé : Experts et citoyens face aux intérêts privés, France, Fayard, 422 pages.

Coca-Cola, Découvrir la gamme, http://www.coca-cola.fr/ [En ligne], page consultée le 26 janvier 2014.

Consumer Reports (2014). Caramel color : The health risk that may be in your soda, http://www.consumerreports.org/cro/caramelcolor0114.htm# [En ligne], page consultée le 26 janvier 2014.

Dionne, Jean-Yves (2011). Prudence avec l’aspartame!, http://www.jydionne.com/prudence-avec-l%E2%80%99aspartame/  [En ligne], page consultée le 16 octobre 2013.

Gouget, Corinne (2008). Danger additifs alimentaires : Le guide indispensable pour ne plus vous empoisonner , Éditions Chariot d’Or, Paris, 150 pages.

Israel, Brett (2013). PepsiCo drops brominated chemical from Gatorade, http://www.environmentalhealthnews.org/ehs/news/2013/pepsico-brominated-beverages [En ligne], page consultée le 26 janvier 2014.

Mills, Carys (2012). Brominated vegetalbe oil : PepsiCo and Coca-Cola not removing chemical from Canadian drinks, http://www.thestar.com/news/world/2012/12/18/brominated_vegetable_oil_pepsico_and_cocacola_not_removing_chemical_from_canadian_drinks.html [En ligne], page consultée le 26 janvier 2014.

Pepsico Canada, Les marques Pepsi, http://www.pepsico.ca/fr/Marques/Les-marques-Pepsi.html#AMP-Endurance_NHP_fb [En ligne], page consultée le 26 janvier 2014.

Weill, Pierre (2010). Mon assiette, ma santé, ma planète, Plon, France, 278 pages.

Le sucre: l’ennemi préféré des enfants

Par Mélanie Demers inf. B.Sc.

L’Halloween, le temps des fêtes, l’anniversaire, les récompenses… Toutes les occasions sont bonnes pour offrir des sucreries aux enfants. Mais, quel est l’effet de tout ce sucre sur leur santé? Est-ce si nocif qu’on nous le dit?

Le sucre raffiné

Dans les années 1800, un Américain consommait environ 5,5 kg de sucre par année. Puis, avec le succès de l’industrie des aliments transformés, vers 1975, la consommation de sucre a bondi de 1000% à 53,5 kg et a continué à augmenter à une moyenne de 69 kg pour chaque personne dans les années 2000.

Le sucre ajouté est défini comme n’importe quel édulcorant calorique contenant une molécule de fructose et qui est ajouté pendant la préparation des aliments. Le sucre raffiné, quant à lui, est complètement dépourvu des minéraux naturellement présents dans la canne à sucre ou la betterave sucrière. D’ailleurs, une sorte de sucre largement ajouté dans la nourriture industrielle est le sirop de maïs à haute teneur en fructose. En effet, il s’avère beaucoup moins dispendieux et ne crée pas de sentiment de satiété, c’est–à-dire que vous n’aurez pas la nausée après en avoir mangé de grandes quantités, contrairement au miel ou au sirop d’érable, par exemple, qui sont des sucres bruts. Ainsi, tous les produits sucrés avec le sirop de maïs s’avèrent peu dispendieux et pour cette raison, font partie du panier d’épicerie de nombreuses familles.

Quels sont ses effets sur la santé?

Tout d’abord, le sucre crée une dépendance car il agit sur le cerveau de façon à encourager des apports subséquents. Ensuite, il acidifie le corps et de là, découle une panoplie d’effets menant à des maladies chroniques. En effet, pour rétablir l’équilibre, le corps utilise le sodium, le potassium et le magnésium de l’alimentation et le calcium des os et des dents. L’excès de sucre affecte éventuellement tous les organes du corps. Initialement, il est emmagasiné dans le foie et comme la capacité de stockage de celui-ci est limitée, le reste est emmagasiné sous forme de gras qu’on retrouve au niveau de l’abdomen, des fesses, des seins et des hanches. Par la suite, lorsque ces endroits sont saturés, le gras est distribué parmi les organes actifs comme le cœur et les reins. Voilà pourquoi de plus en plus de scientifiques croient que le fructose et le sirop de maïs à teneur élevée en fructose sont responsables de l’épidémie d’obésité actuelle, tant chez les enfants que chez les adultes.

De plus, l’excès de sucre épuise les réserves d’insuline produite par le pancréas, menant tout droit au diabète de type 2 chez des gens de plus en plus jeunes et même chez les enfants. Il est associé au syndrome métabolique (obésité, hypertension et diabète), à l’hyperglycémie, à l’hypoglycémie, au reflux gastro-œsophagien, aux maladies cardiovasculaires et à un taux élevé de triglycérides (précurseurs du mauvais cholestérol) dans le sang. Il a aussi tendance à endormir les gens pendant la journée et affecte la mémoire et la capacité de calcul. Encore plus important, le sucre s’avère un véritable « engrais » pour les cellules cancéreuses. Inutile de vous dire que les enfants ne souffriront pas de toutes ces maladies en bas âge.  Cependant, cela hypothéquera certainement leur vie pour plus tard et ici, je ne parle pas vers 80 ans, mais plutôt au début de la quarantaine ou avant.

Où le retrouve-t-on?

Le sucre raffiné, le fructose et le sirop de maïs à teneur élevée en fructose se retrouvent partout, dans les aliments industriels. Ces derniers sont très faciles d’accès car ils sont peu dispendieux et très répandus dans les épiceries.

D’ailleurs, une étude réalisée par des étudiants et leur professeur de psychologie du Connecticut College a démontré que les biscuits Oréo, les préférés des Américains, créaient une dépendance semblable à la cocaïne chez les rats. Et ils commençaient eux aussi par manger le centre! En effet, leur recherche supporte l’hypothèse que les aliments à teneur élevée en sucre créent une dépendance. De plus, les biscuits Oréo activent significativement plus de neurones que la cocaïne ou la morphine.

Conseils de prévention

Il ne s’agit pas ici d’éliminer complètement le sucre, mais plutôt de faire des choix éclairés et d’en diminuer sa consommation.

  • Lisez les étiquettes. Les mots se terminant par –ose (glucose, fructose, sucrose…), sirop de maïs, sucre sont tous des synonymes de sucre.
  • Remplacez les boissons gazeuses et les jus de fruits par de l’eau ou des jus de légumes fraîchement pressés. Ajouter un peu de citron à l’eau pour lui donner une saveur.
  • Ajoutez des fruits à des céréales de grains entiers naturelles et sans sucre.
  • Remplacez les pâtisseries achetées à l’épicerie par des desserts que vous aurez cuisinés vous-mêmes, avec du sucre brut comme le miel ou le sirop d’érable.
  • Récompensez les enfants autrement qu’avec des friandises.

Références :

Cicolella, A. et Browaeys, D.B. (2005). Alertes santé, Fayard, France, 422 pages.

Connecticut College News (2013). Student-faculty research shows Oreos are just as addictive as drugs in lab rats, http://www.conncoll.edu/news/news-archive/2013/student-faculty-research-shows-oreos-are-just-as-addictive-as-drugs-in-lab-rats-.htm#.UnKmvhAin10 [En ligne], page consultée le 17 octobre 2013.

Dufty, William, Refined Sugar: The sweetest poison of all…, http://www.globalhealingcenter.com/sugar-problem/refined-sugar-the-sweetest-poison-of-all [En ligne], page consultée le 30 octobre 2013.

Greene, Dr Alan (2011). Refined sugars and flours, http://www.drgreene.com/refined-sugars-flours/ [En ligne], page consultée le 30 octobre 2013.

Lustig, Robert H. et al. (2012). The toxic truth about sugar, Nature, Vol. 482, 27-29.

Naturally Savvy (2009). Is your child eating to much sugar?, http://naturallysavvy.com/Eat/is-your-child-eating-too-much-sugar [En ligne], page consultée le 30 octobre 2013.

Nestle, Marion (2007). What to eat, North Point Press, New York, 611 pages.

Sircus, Dr Mark (2013). Cancer & sugar: Strategy for selective starvation of cancer, http://www.greenmedinfo.com/blog/cancer-sugar-strategy-selective-starvation-cancer [En ligne], page consultée le 30 octobre 2013.