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Par Mélanie Demers, inf. B.Sc.

La plupart des gens en consomment chaque jour, en plus ou moins grande quantité. Les multinationales les produisant soutiennent qu’ils sont nécessaires pour nourrir le monde. De quoi s’agit-il? Des organismes génétiquement modifiés! Après vous avoir expliqué en quoi ils consistent, je vous exposerai, en 5 points, pourquoi nous n’avons pas besoin des OGM pour nourrir le monde.

D’abord, un organisme génétiquement modifié, ou OGM, est un organisme vivant, la plupart du temps une plante, auquel on a ajouté un gène d’un autre organisme pour lui conférer une propriété particulière. Par exemple, du soya résistant à l’herbicide appelé « Round-Up », permet au fermier d’utiliser cet herbicide pour contrer les mauvaises herbes dans son champ, sans tuer aussi ses plants de soya. Voici donc les 5 raisons pour lesquelles nous n’avons pas besoin des OGM pour nourrir le monde.

1. Les OGM sur le marché aujourd’hui ne sont pas faits pour soulager la faim

  • D’abord, 84% de toutes les semences OGM sont tolérantes à un herbicide.
  • Seulement 4 types de semences comptent pour près de 100% des plantations mondiales d’OGM : soya, maïs, coton et canola. Les 4 types sont utilisée pour l’exportation, pour produire du carburant ou pour des aliments transformés (industriels) et l’alimentation animale.
  • Seulement 3 pays (États-Unis, Brésil, Argentine) produisent plus de 77% de tous les OGM mondiaux et 10 pays comptent pour 97% des acres génétiquement modifiés.
  • Il n’existe pas de semences génétiquement modifiées sur le marché conçues pour une plus grande productivité, qui ont une valeur nutritionnelle ajoutée ou qui tolèrent certaines conditions environnementales.

2. Les semences génétiquement modifiées n’ont pas augmenté les rendements

  • L’augmentation des rendements observée dans les dernières décennies est due à des semences traditionnelles qui demeurent plus efficaces et moins dispendieuses.
  • Une étude a démontré qu’aux États-Unis, sur une période de 13 ans après le début de la commercialisation des OGM, les rendements du soya et du maïs tolérants à l’herbicide n’ont pas augmenté.
  • Toujours aux États-Unis, le rendement total du maïs entre 2004 et 2008 a été de 28% dont seulement 3,3% était attribué aux variétés génétiquement. L’autre 25% était dû à l’amélioration des variétés conventionnelles.

3. Les semences génétiquement modifiées n’ont pas augmenté les revenus des fermiers

  • D’abord, comme nous venons de le voir, les rendements n’ont pas augmenté.
  • De plus, le coût des semences OGM est nettement plus élevé que celles traditionnelles.
  • Par exemple, en Inde, un paquet de semences génétiquement modifiées de coton coûte entre 700 et 2000 roupies (12$ et 36$ Canadien), ce qui est 3 à 8 fois plus élevé que les semences conventionnelles.
  • Donc, les semences coûtent plus cher et les rendements sont moindres et les fermiers s’appauvrissent de plus en plus.
  • Pour en avoir un aperçu, je vous invite à visionner « Le monde selon Monsanto ».

4. Les semences OGM amènent une augmentation de l’utilisation des pesticides et encore plus de dommages à l’environnement.

  • En 2011, l’utilisation de pesticides était 24% plus élevée par âcre pour les OGM que les cultures conventionnelles.
  • Cela est dû à la résistance des mauvaises herbes au même herbicide que la semence.
  • Le même phénomène se produit aussi avec les insectes qui deviennent résistants aux insecticides. Ils s’adaptent.

5. Les semences génétiquement modifiées sont produites et appartiennent à de grosses multinationales

  • Seulement 6 compagnies contrôlent 60% de toutes les semences.
  • En 2007, elles comptaient pour 98% des âcres génétiquement modifiés.
  • Leurs profits sont beaucoup plus importants que le fait que les gens aient accès à de la nourriture ou non.
  • Ces compagnies empêchent les fermiers de conserver les graines génétiquement modifiées après la récolte. De toute façon, la plupart du temps elles sont stériles et ils n’ont d’autres choix que d’en racheter. De plus, elles encouragent fortement à utiliser les pesticides de la même marque.
  • Cela met tant les fermiers que les consommateurs dans une position de dépendance.

En résumé, nous n’avons pas besoin des OGM pour nourrir le monde car les OGM actuellement sur le marché n’ont pas pour but de soulager la faim, ils n’ont pas augmenté les rendements ni les revenus des fermiers, ils amènent une augmentation de l’utilisation des pesticides et ils appartiennent à de grosses multinationales recherchant les profits. Pour finir, une dernière statistique intéressante : Les paysans fournissent 70% de la nourriture mondiale en cultivant seulement 20 à 30% des terres arables tandis que le système d’alimentation industriel fournit 30% de la nourriture mondiale en cultivant 70 à 80% des terres arables. Qu’en pensez-vous?

Références

Canadian Biotechnology Action Network (CBAN), 2014. Will GM Crops Feed the World?, Ottawa, http://www.cban.ca/Resources/Topics/Feeding-the-World/Will-GM-Crops-Feed-the-World [En ligne], page consultée le 11 janvier 2015.

Robin, Marie-Monique, (2008). Le monde selon Monsanto: De la dioxine aux OGM, Métropole Film, DVD.

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